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Un visa n’est pas un régime fiscal (et les confondre coûte cher)

Le visa vous donne le droit d'être là. Il ne décide pas où vous payez vos impôts : ça se décide avec le foyer, l'activité et les intérêts économiques, quel que soit le tampon sur le passeport.

Irish passport stamp in a British passport
Irish passport stamp in a British passport, Asheiou — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

L’Espagne a le sien depuis la loi sur les startups, le Portugal a le D8, l’Italie a approuvé le sien en 2024. Presque tous les pays européens ont lancé un visa pour travailleurs à distance, et presque toute la communication autour de ces visas mélange deux choses qui n’ont rien à voir.

La différence, en deux lignes

Un visa est un titre de séjour. Il répond à : ai-je le droit d’être ici, et pour combien de temps ?

La résidence fiscale est autre chose. Elle répond à : quel pays a le droit d’imposer mes revenus mondiaux ?

Ce sont deux administrations différentes, avec des critères différents, à des moments différents. Avoir un visa ne vous rend pas résident fiscal, et n’en avoir aucun ne vous empêche pas de l’être.

Le cas français est particulièrement traître

Parce que l’article 4 B du CGI retient trois critères alternatifs, et qu’il suffit d’un seul. Le plus mal compris est celui du foyer : le lieu où la famille réside habituellement. Vous pouvez obtenir un visa nomade au Portugal, y louer un appartement, y passer neuf mois par an — si votre conjoint et vos enfants sont restés en France, votre foyer au sens fiscal est resté en France aussi.

Le troisième critère, le centre des intérêts économiques, rattrape ceux que les deux premiers laissent passer : si l’essentiel de vos revenus provient toujours de clients français et que vos actifs sont en France, l’administration a un argument, visa ou pas.

L’erreur qui coûte le plus cher est l’inverse

Ce n’est pas d’arriver quelque part et de découvrir qu’on en est devenu résident fiscal. C’est d’obtenir le visa, de déménager sur le papier, et de ne pas couper les liens avec le pays de départ. Deux pays vous considèrent alors résident, et c’est la convention fiscale qui départage — en donnant presque toujours raison au pays où sont les faits, pas à celui où est le tampon.

Ce que le visa vous apporte vraiment

Des choses concrètes et loin d’être négligeables : le droit de séjourner, d’ouvrir un compte, de louer, d’inscrire les enfants à l’école, de capitaliser du temps pour un titre de long séjour ou une naturalisation. C’est beaucoup. Ce n’est simplement pas un régime fiscal.

Quand un avantage fiscal existe, il vient d’un régime distinct, avec ses propres conditions et sa propre demande — comme l’était le NHR portugais, ou comme l’est le régime des impatriés en France pour ceux qui font le trajet dans l’autre sens. Savoir ce qui relève de quoi, c’est la différence entre planifier et avoir une surprise.

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Sources : article 4 B du CGI, réglementation des visas pour travailleurs à distance au Portugal, en Espagne et en Italie, à jour de 2026. Ceci n’est pas un conseil fiscal ni juridique.

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